Génocide, le nouveau parfum du pouvoir.



Lors d'un contrat sur une réserve amérindienne, j'avais demandé a un habitant de la place ce qu'il pensait des lois mémorielles et du génocide des juifs lors de la 2eme grande guerre. Sa réaction me laissa perplexe. Il avait rit! Il me dit que si les nazis avaient massacré six millions de juifs, qu'ils étaient des novices en la matière. J'en était choqué quelque peu. Mais il continua en disant que six millions de morts c'était bien peu en comparaison avec les 43 millions de morts provoqués par la venue des colons en Amérique. Les maladies amenées par les blancs ont ravagés des tribus entières, les colons et soldats ont fait le ménage sur les terres intéressantes et cultivable et ont reclus les survivants dans des réserves mal situées, sans source d'eau potable a proximité ou encore, au contraire, proche de marais infestés d'une flore et d'une faune hostile et contraignante. En Amérique du sud, les colons ont mis en esclavage des millions d'individus afin de les faire travailler dans des mines et sur des chantiers et ce dans des conditions épouvantables. Des centaines d'idiomes, d'us et coutumes, d'arts et de musique se volatilisèrent dans l'éther sans laisser aucune trace. Comme il ne disparaissaient pas assez vite, un certain Colonel Amherst (commandant en chef de l'armée britannique en Amérique du nord) ordonna qu'on donne des couvertures contaminées avec le typhus aux autochtones afin d’accélérer le processus. « You will do well to try to innoculate the Indians by means of blankets, as well as every method that can serve to extirpate this execrable race. » (« Vous feriez bien d'essayer d’infecter les Indiens avec des couvertures, ou par toute autre méthode visant à exterminer cette race exécrable. ». ). Aurait il inspirer les chambres a gaz nazis? 

Mais comme tout ces événements ce sont déroulé sur une période de temps très longue (400 a 500 ans) et qu'on ne peut pas parler d'ethnocide sans se faire accuser d'abus de langage, on ne peut pas qualifier le ''massacre'' des indiens d'Amérique de génocide. Et c'est ça qui faisait rire mon ami indien de la réserve. Imaginez les sommes d'argent faramineuses que les différents gouvernements d'Amérique devraient verser en indemnisations! Ah oui, c'est vrai! Les tribus ont reçu des terres, ne payent pas d’impôts ni de frais d'électricité en compensation... Mais avez vous déjà vu une réserve amérindienne? Je vous invites a faire une simple recherche sur internet et vous trouverez plusieurs images des ''magnifiques palaces'' dans lesquels vivent ces reclus de la société moderne.

L'échec de l'intégration des autochtones est aussi flagrante que celui de l'intégration des immigrants, autant au Canada qu'en France, en Allemagne ou dans tout autre pays d'occident. L'ampleur du désarroi est tel que certains villages indiens sont sous tutelle par manque de fonds, de moyens et de gens compétents pour gérer la communauté! L'éducation et la culture sont déficientes et la polytoxicomanie et la violence conjugale sont présent partout, conséquences de l'isolement et du manque d'aide psychologique et social.

Mais non!!! Ne dite pas génocide, on pourrait choquer! Il ne faut pas comparer la Shoah! Honte a ceux qui minimiseraient la mort systématique d'un peuple, seulement si celle-ci est protégée par la loi! En dehors de ça, on s'en gratte le dos. 6 millions de morts en 3 ou 4 ans, c'est plus important que 43 millions de morts en 500 ans? Et pourtant, aucun amérindien ne vous sautera à la gorge si vous révisez le nombre de morts lors de la colonisation des Amériques. Ils ne cherchent pas a avoir du capital politique. Ils ne se victimisent pas, ils sont trop fiers. Pour eux, c'est une question de principe.

Et si on leur donnait Madagascar?...

Le canadien errant




Le privilège de minuit



Ce soir Amsterdam est à l'honneur. La ville favorite des fumeurs de weed et des accros aux prostituées. Mais cette grille de lecture est factice face à la complexité de la capitale hollandaise. Cette dernière est le dernier refuge européen du génie humain. Quand je pense à l'urbanisme parisien qui est d'une médiocrité depuis Delanoë, je me demande pourquoi la mairie de Paris ne prend pas exemple sur celle de Amsterdam. En effet, notre maire qui n'hésite pas à évoquer son homosexualité au premier venu a tué Paris. Aujourd'hui la ville lumière est une pâle copie de La Défense, son quartier d'affaires. Pendant sept semaines j'ai eu la malchance de côtoyer ce sanctuaire du capitalisme moderne à la Goldman Sachs. Au milieu de ces tours, l'homme est un replicant sortant tout droit de "Total Recall". Répondant au dieu capital semblable au Skynet de "Terminator". Si la guerre civile voit le jour prochainement, je risque sans doute de m'exiler à Amsterdam.
La Venise du Nord est le dernier souffle artistique européen. Les murs sont une fresque monumentale exaltant la différence entre Amsterdam et les autres. La population y est accueillante en plus de baigner dans une philosophie libertaire ressemblant fortement à la pensée de Robert Nozick. Ce melting pot est la preuve d'un multiculturalisme réussi. L'eau est omniprésente dans Amsterdam et nous guide au fil d'un périple pouvant nous mener jusqu'aux plus bas instincts de l'homme. Il est facile de se trouver dans un restaurant lounge japonais et de terminer dans un coffee shop en train de manger des champignons magiques tout en fumant de l'herbe de qualité. Pour comprendre les subtilités de la ville, il est nécessaire de consommer des opiacés. Ils sont une extension de la pensée que l'on ne retrouve pas ailleurs. Le bourgeois risque sans doute d'être mal à l'aise devant selon lui cette débauche ostentatoire. Pourtant il faut perdre son contrôle parisien afin d'apprécier les délices de Amsterdam.

Comment évoquer Amsterdam sans parler du Quartier Rouge ? Le district est l'incarnation parfaite du dollar rose. La ballade vaut indéniablement le coup d'œil. On est rarement en train de marcher dans une galerie d'art vivant. Un hétérosexuel ne peut un seul instant détourner son regard de ces sublimes créatures chimériques à l'attitude diabolique. Dans ces rues étroites, il est difficile de danser un tango avec le diable. Même le plus sage des hommes ne peut résister à cette tentation. La police est discrète mais omniprésente dans le quartier. L'ambiance y est électrique, on sent que tout peut s'enflammer en un claquement de doigts. Il y a quelque chose d'enivrant et d'aphrodisiaque dans cette atmosphère électrique. Sans parler de "La vie en rose" qui est un lieu semblable à l'enfer de Dante.

Amsterdam est un décor hollywoodien. La ville renferme différentes facettes qui allient beauté et perversion tout en se coordonnant pour ne jamais défaillir. On touche la perfection urbaine...

Amsterdam ne cesse de m'inspirer au quotidien et je compte bien m'y installer le temps qu'il faut afin d'écrire le roman de ma vie. Amsterdam est une ville romantique, sensuelle, schizophrène et folle. Finalement, je suis Amsterdam.
            

Les questions des basses tensions



La Comtesse de Sévérac est une prédatrice. Le jour elle dort, la nuit elle agit. Paris n'a aucun secret pour elle, pourtant elle est loin de l'Aveyron. Mais peu importe, les lumière de la capitale sont les flashs des paparazzis qui suivent ses pas. Elle est une chasseuse de tendance, prête à tuer pour pouvoir bénéficier du dernier tailleur Chanel en avant-première. La Comtesse est fière de son dressing qui fait office de curriculum-vitae. Sa vie sociale est importante, elle ne se déplace jamais sans sa cour royale. La flatterie est un pêché nécessaire pour cette fille qui vit à travers les yeux pétillants de ses copines. Elle est à part, tandis que ces dernières essayent en vain de lui ressembler. L'argent y est pour beaucoup. La Comtesse n'hésite pas à couvrir de cadeaux son entourage. Les restaurants gastronomiques et les clubs huppés la reconnaissent au bruit du cliquetis de ses escarpins Louboutin.

En matière de cœur la Comtesse est une louve solitaire. Elle n'a que faire de la compagnie d'un homme, puisque elle se suffit à elle même. Son égo grandiloquent ne peut accepter la confrontation avec un quelconque adversaire pouvant suivre la cadence diabolique de son rythme de vie.

Mais la Comtesse de Sévérac à une rivale. Une fille discrète, qui n'habite pas dans la capitale et qui pourtant plaît à tous les hommes. Comment attirer le sexe opposé sans pour autant vanter l'infinité de son portefeuille Vuitton ? La Comtesse ne connaît pas la réponse à cette question. En attendant elle danse frénétiquement, l'effet du champagne y est pour beaucoup. Elle entend le chant du diable avec en chœur Diana Ross et les Supremes qui interprètent I Can't Take My Eyes Of You. Un garçon se rapproche de la Comtesse, il effectue une danse exprimant le signe d'un désir inoxydable. Mais la Comtesse reste sur ses gardes, en gardant son attitude de chasseuse de sanglier des Ardennes. L'homme lui embrasse le cou avec passion tel un vampire tout en l'empoignant par les hanches. La Comtesse de Sévérac ferme les yeux et essaye de ressentir une sensation, mais en vain... Son corps brulant de passion est collé à celui de son partenaire d'un soir. Il l'embrasse, mais le contact des lèvres fines écœure définitivement la Comtesse.

Pendant ce temps sa rivale, est courtisé par une horde masculine prête à tomber les masques pour pouvoir conquérir le cœur de cette poupée timide. Son teint blanc est semblable à celui d'un ange. La Comtesse exècre au plus haut point cette divine nonchalance. Ses efforts ne lui servent à rien, tandis qu'à ses yeux une parvenue connaît le succès, tandis que la Comtesse de Sévérac connait l'échec.

La Comtesse de Sévérac connaît la tristesse. Elle ne cesse de resasser le déroulement de la soirée dans le taxi qui la ramène chez elle. En rentrant dans son immeuble en plein cœur du Paris bourgeois, elle admire le sapin de noël qui scintille de mille feux dans son hall d'entrée. En rentrant dans son appartement, la Comtesse marche sur les Curly de la soirée d'hier soir. Son logis est un champ de bataille. Elle essaye de se frayer un chemin entre les valises contenant des vêtements sales. En cliquant sur le répondeur, la comtesse tombe sur un message de la banque. Son compte bancaire est déficitaire de 1200 euros tandis que Sofinco la relance pour un crédit à la consommation impayé. Mais la Comtesse de Sévérac n'est pas ce qu'elle prétend. 

Ce titre de noblesse n'existe pas. Il y a un tombeau inconnu dans le château de Sévérac qui est selon certaines sources celui d'une Comtesse. Elle peut donc remercier Wikipedia pour cette information essentielle dans sa vie sociale actuelle. Le masque tombe dans ce 25m². Les larmes coulent et anéantissent ce maquillage si parfait pour laisser place à un visage triste et anéanti. En attendant la rivale doit sans doute échanger des mots doux avec un homme séduit par son charme naturel. Ce dernier est trop puissant pour l'image cinématographique de la Comtesse de Sévérac. La nuit porte conseil, mais aujourd'hui elle est le théâtre d'une catharsis qui risque de ne jamais finir.


La prudence d'une poupée



La prudence est une caractéristique que j'exècre chez un homme, contrairement à la femme qui arrive à transformer cette ignominie de l'âme en une beauté naturelle. De part la nature humaine, il est impossible pour le mâle de laisser transparaitre un quelconque doute. Ce dernier a pour mission de travailler et de faire la guerre. De plus il y a une heure, mon premier conseiller me disait qu'une femme recherche avant tout un homme qui dégage du calme et de l'assurance. Pourtant depuis mon état fœtale j'essaye d'appliquer ce principe. Mais même les grands de ce monde ont des excès de folie. Et selon moi la vie ne vaut pas la peine d'être vécue sans folie. Gainsbourg parlait d'amour, pour exciter les petites bourgeoises qu'il se tapait par la suite, mais si la sagesse est le but ultime de l'existence, la folie l'est aussi. Le sage a pour première caractéristique de ne plus avoir de désir. Arriver à un tel stade de renonciation sentimentale est un acte de folie incommensurable.

 La majorité des hommes pensent être fou. Pourtant cette dernière ne connait pas la solitude du marginal. Elle pose en faisant un bras d'honneur pour les photos, elle boit de l'alcool bon marché et avant tout elle sort en boite avec ses semblables afin de trouver un semblant d'existence dans sa vie morne et sans problème. J'ai aujourd'hui une aversion sans nom pour ce monde de la nuit qui ne fait que singer l'attitude médiocre de l'homme du 21ieme siècle. On peut trouver dans le lot, un pseudo écrivain cherchant le plaisir. Mais n'est pas Baudelaire qui veut.

La démocratie moderne est la reine mère de cette civilisation sans talent. La subversion disparait, pour laisser place à l'art du tague. Récemment Claude Guéant disait que les civilisations ne se valent pas. Je ne suis pas d'accord avec cet ersatz de Kissinger en moins intelligent. Ce sous-fifre sarkozyste est juste bon à jouer l'épouvantail. A mon humble avis, les civilisations se valent dans la médiocrité. Entre la civilisation occidentale à l'origine d'Hiroshima et la civilisation wahhabite vivant à l'âge de pierre, on ne peut pas être fier de notre époque.

Paradoxalement, dans l'histoire les régimes que l'ont considère comme durs ont derrière cet élitisme violent l'utopie d'une humanité aristocrate mais dans le bon sens du terme. C'est à dire que je ne pense pas à Hermine De Clermont-Tonnerre juste bonne à nettoyer la merde des ânes avec David Charvet dans la Ferme Célébrité. Mais avant de pouvoir aborder un tel sujet qui risque évidemment de choquer la pensée de masse, il est nécessaire de remettre en cause l'idéologie des droits de l'homme. Avant de pouvoir prétendre à des droits, ce dernier devrait accomplir ses devoirs qui font de lui un être supérieur à l'animal.
Je sais, c'est beau de rêver. A défaut de se vanter de changer les choses, l'homme se vante de sa nouvelle carte bancaire gold et cela avec un sourire hollywoodien proche de l'extase orgasmique que peut exprimer une Katsuni.

La révolution peut passer uniquement par la prise du pouvoir d'une idéologie nationaliste. Ce terme est une insulte pour les journalistes de Libération, pourtant le concept nationaliste est juste l'exaltation de l'idée de nation. Je crois en cette idée de nation protectrice d'un peuple, surtout en ce temps de crise. L'humanité n'a jamais été aussi individualiste qu'aujourd'hui. L'UMPS, le parti du système ne cesse d'appliquer la politique du diviser pour mieux régner. Il ne reste que l'idée de nation pour pouvoir réunir un peuple qui ne veut pas exister dans l'esprit d'union qui pourtant fait la force d'un pays.

En attendant, je continue de courtiser cette poupée bien prudente. Peut-être qu'elle ne cédera pas à mes avances, mais au fond je crois qu'elle en vaut la peine.

    

L'école du système



Dans sa dégénérescence, l'homme fréquente avec une certaine assiduité l'école du système délaissant sans vergogne celle de la vie. La mode n'a jamais été aussi importante qu'à notre époque. On parle dans le monde entier de l'élégance à la française. Notre pays peut être fier de ses marques avec entre autres Chanel, Dior et Louis Vuitton. Malheureusement les français ont oublié l'essence même de l'élégance. Tous les jours j'ai l'occasion de voir des hommes et des femmes se vantant de leurs vêtements. L'homme échange désormais ses vêtements avec sa copine. Le crédo d'une marque comme "The Kooples" qui grâce à une communication ciblant les bobos du marais gagne un relatif succès. Le produit est pourtant de mauvaise qualité en plus d'être de mauvais gout. Je reste personnellement un grand amateur de la mode anglaise. Le chic est indéniablement une notion british. Mon père me disait déjà à l'époque que l'Angleterre a un temps d'avance sur le reste du monde. Mais attention les vêtements sont justes une petite part de ce qu'est vraiment l'élégance.

Rares sont les personnes qui peuvent se targuer d'être élégant. La vulgarité qu'elle soit physique ou intellectuelle, domine actuellement les débats. L'élégance c'est aussi la politesse. Rien de mieux que de connaitre les notions principales de la politesse afin de pouvoir les exercer intelligemment en toute discrétion. Je pense tout particulièrement à un homme comme Bryan Ferry qui grâce à sa politesse bien anglaise, arrive à séduire toutes les filles.

On ne peut pas parler d'élégance sans évoquer la culture. Quand je me retrouve en face d'une fille possédant une certaine culture, j'ai l'impression de faire un tour de montagne russe. C'est un plaisir de pouvoir évoquer l'œuvre de  Dostoïevski, en passant par les Sex Pistols, afin de terminer avec cet aphrodisiaque qu'est le champagne. Je suis toutefois un grand amateur de whisky et tout particulièrement d'Aberlour. Mais cela ne m'empêche pas d'avoir une certaine affection pour les paysans du Kentucky, qui boivent au petit matin du whisky bon marché.

Le sourire est aussi un facteur d'élégance. Pas forcement le sourire bright qui illumine tel un phare breton. Un sourire resplendissant qui transmet une certaine joie de vivre et chaleur humaine est amplement suffisant. Ce dernier peut donner la vie ou tuer, au choix...

On ne peut pas être élégant sans avoir une allure d'envergure. Savoir se déplacer, maintenir sa tête comme une princesse ou pour les garçons avoir une démarche de loubard sans être pour autant dans l'excès de la vulgarité. Il est ici question de savoir trouver le juste milieu tout en se distinguant en apportant une touche personnelle dans cet élixir d'une pureté similaire à l'absinthe.

Le dernier ingrédient de l'élégance est l'humour. Mention spéciale pour l'autodérision surtout chez les demoiselles qui n'hésitent pas à dépeindre un portrait comique et corrosive personnel. Mais bon cela reste plutôt rare auprès de la gent féminine.

En attendant de retrouver cette élégance, je continue de faire l'école buissonnière. Je ne regrette jamais mes multiples absences à l'école du système.

Poutine 2012, ou l'odyssée du futur président russe


Je m'attaque à un sujet plutôt sensible, mais c'est ça le vrai journalisme. Ecrire sans craindre de me retrouver en face d'une soupe au plutonium, ou encore de me faire torturer par des bodybuilders sortant tout droit d'un mauvais porno des années 80, avec en musique de fond katioucha d'Ivan Rebroff.

Le 24 septembre dernier, après avoir bu une certaine quantité de vodka j'allume ma télé, comme à chaque fois aux environs de 20 heures pour suivre les actualités du monde sur TV5. En effet, je fais parti de cette frange de la population habitant en métropole qui est branché sur le fuseau horaire de Karachi. Et puis à quoi bon regarder le journal du soir de la première chaîne si ce n'est pour apprendre que le monde va mal et que les syndicats continuent de défiler en adoptant le look baba-hard des années 70 ?

Bref, je me retrouve soudainement en face du premier ministre russe qui annonce sa candidature à la présidence en 2012. Tout d'abord, ma première pensée va auprès des Poutine's girls qui vont encore une fois user de ce que l'on peut définir comme la beauté glaciale venant du froid pour faire la promotion du candidat. Et puis je commence à me dire que Poutine a finalement quitté la présidence le temps d'un mandat, juste pour pouvoir profiter des charmes de la vie. Faire un dvd d'apprentissage du judo, conduire une formule 1, pêcher torse nu dans le froid sibérien ... Au point ou l'amateur de tir à pistolet en devient même à incarner le symbole de l'homme politique le plus cool, selon un magazine américain spécialisé dans la chasse, la pêche et le camping. On est bien loin de notre Frédéric Nihous national qui est juste bon à avoir un entretien dans le Chasseur Français une fois par an afin d'aborder le problème de la chasse aux sangliers dans les forêts ardennaises.

Je dois sans doute avoir un point commun avec Vladimir, c'est mon amour indéfectible des femmes. Lors d'une soirée, il m'est arrivé de boire en compagnie d'une sublime créature brune qui par la force des choses commence à me parler de la place du cyclisme dans sa famille. Entre son père aujourd'hui à la retraite et son frère qui doit sans doute en connaître un rayon niveau produits dopants, je commence à m'imaginer certains de ses probables fantasmes. Faire l'amour sur le col du gibier tout en imitant la voix de Gérard Holtz par exemple. Mais cette dernière a perdu tout son charme quand je me suis rendu compte de sa méconnaissance totale sur la vraie rock star des circuits. L'Italien Marco Pantani, qui en plus d'avoir abusé de nombreuses orgies a surement dû confondre le parmesan avec sa réserve de cocaïne. On peut comparer sa mort avec celle du slow dans les boites de nuit. La lassitude ambiante de ce sport a sans doute participé à son suicide. Tout comme L'obsolescence du slow, qui finalement dans une société ou le sexe est un marché comme les autres a définitivement perdu sa place. L'homme n'a plus besoin d'une mélodie de qualité pour influer sur sa libido vu le succès d'un David Guetta ou encore celui d'un groupe de variété comme Louise Attaque.

En définitive je ne regrette pas mon fuseau pakistanais. Mon utopie est peut-être vaine, mais dans ce monde caricatural, j'ai fait le choix d'être une caricature grossière de moi-même.




            


Les BRICS existent-ils ?



C’est devenu un poncif de toute analyse économique et géopolitique de comptoir. Face à la crise actuelle de la zone euro et à ce qui semble être un déclin des États-Unis d’Amérique, le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est unanimement désigné comme le nouveau cercles des superpuissances de demain. L’acronyme, popularisé par la célèbre banque d’affaires américaine Goldman-Sachs puis complété par la suite, a la cote depuis une dizaine d’années et plus encore depuis 2008-2009. Il n’est pas contestable qu’au moins quatre de ces pays (Brésil, Russie, Inde et Chine) connaissent une croissance économique soutenue, ont une démographie importante, sont des marchés présentant d’importantes perspectives et jouent un rôle politique croissant. Mais aujourd’hui, ce simple constat repris partout en chœur sans aucune originalité est à la fois incomplet, partiellement faux et insuffisant.

Il convient de se pencher un peu plus sur le sujet car, sans même être spécialiste d’économie ou de géopolitique, plusieurs faits objectifs sautent aux yeux pour qui veut bien les voir. Et le premier élément qui apparaît clairement, c’est que l’Afrique du Sud n’a rien à faire dans ce groupe. Petit pays tant par son poids démographique (à peine 50 millions de personnes, soit moins que l’Italie et à peine plus que l’Espagne) que par sa puissance économique (422 milliards de dollars en 2011, à peine la vingt-neuvième place mondiale !), le pays possède certes un certain nombre d’atouts (mines d’or et de platine, présence dans plusieurs groupes mondiaux stratégiques comme le G20) et profite de sa stature de pays moyen sur un continent encore très pauvre. Mais le ralentissement de sa croissance, ses graves problèmes structurels (baisse annoncée de la population, haut taux de chômage, maladies endémiques…) ne permettent pas de le classer parmi les BRICS… sauf par souci un peu paternaliste de valoriser de temps à autre un pays africain.

Un autre constat saute aux yeux lorsque l’on compare les quatre pays restants. Le Brésil et la Russie, aussi puissants et peuplés soient-ils, ne sont que deux nains en comparaison des deux supergéants que sont l’Inde et la Chine. Le premier des deux a considérablement rattrapé son retard économique, se plaçant en dixième position des puissances mondiales, juste derrière la Russie. Mais toutes les prévisions le donnent logiquement dans le sillage de la Chine en termes économiques d’ici à 2050. Ces conclusions n’enlèvent rien au Brésil ou à la Russie mais doivent nous permettre de relativiser leur place.

Reste un épineux problème, qui est peut-être le véritable problème des BRIC (sans le « S » cette fois-ci). Cette étiquette, collée à la va-vite, devenue abusivement synonyme de « pays émergents », ne peut masquer un manque d’unité flagrant. Ce manque d’unité est d’abord économique et démographique. La Russie, par exemple, est appelée à une chute de sa population relativement soutenue (certes proportionnellement moins importante qu’en Allemagne ou au Japon) d’ici à quarante ans, passant d’après les estimations moyennes de 140 à 120 millions d’habitants. La Chine, de son côté, va connaître un déclin démographique d’une autre sorte, dû aux ravages de la politique de l’enfant unique et au vieillissement accéléré de sa population. Seuls le Brésil et l’Inde semblent maintenir à peu près le cap, malgré de très nettes chutes de leur taux de natalité. Par ailleurs, la Chine, si elle produit énormément de matières premières, étant donné la taille et l’enrichissement de sa population, est aujourd’hui un importateur gourmand dans de nombreux domaines (alimentaire, hydrocarbures, métaux industriels et précieux…). L’Inde risque fort de suivre le même chemin, là où le Brésil et la Russie devraient rester d’importants exportateurs dans certains domaines.

À ce manque d’unité économique, encore relatif, s’ajoute un manque d’unité politique et géostratégique évident. Régulièrement présentés comme le seul contrepoids crédible à l’hyperpuissance américaine, les BRIC n’ont en fait pas les mêmes intérêts ni les mêmes orientations générales. La Russie et la Chine, alliées de circonstances dans le cadre du pacte de Shanghai, sont de toute évidence très anti-américaines. Mais ce n’est pas le cas de l’Inde et du Brésil pour des  raisons distinctes. Certes, ni Delhi, ni Brasilia ne sont des suiveurs aveugles de l’oncle Sam, mais leur opposition à Washington est loin d’être systématique. Par ailleurs, l’Inde et la Chine se regardent de plus en plus en chiens de faïence, persuadées (sans nul doute à juste titre) d’être des adversaires, sinon de francs ennemis, sur le continent asiatique. La Russie, qui a généralement une politique étrangère assez habile, tente de manipuler l’une et l’autre de ces nations dans son intérêt, tandis que le poids politique du Brésil, malgré ses efforts, reste relativement faible (notamment car le pays est le seul du groupe à ne pas disposer de l’arme atomique).

Reste à ajouter un dernier constat qui est sans doute le plus intéressant. Comme je l’ai dit précédemment, l’étiquette « BRICS » est devenue un quasi synonyme de « pays émergents », ce qui est clairement abusif. D’abord parce que la Russie n’est pas franchement émergente : elle a été puissante dans un passé proche et ne fait aujourd’hui que récupérer la place qui devrait logiquement être la sienne de par sa population et ses richesses intérieures. Ensuite parce que nombre de pays ou de blocs continentaux méritent largement l’étiquette de pays émergents. L’on pourrait longuement disserter à leur sujet, mais le cas le plus frappant est peut-être l’ensemble de l’Amérique latine, qui devient un acteur économique et démographique majeur de ce monde. Si (presque) tous les pays qui la composent connaissent une croissance soutenue sur les dernières années, deux d’entre eux (le Mexique et l’Argentine) ont déjà un poids respectable, voire important, et progressent à une vitesse impressionnante. En ce sens, si l’Union européenne avait une once d’intelligence, elle saurait que le seul vrai moyen d’accéder à ce monde émergent est de passer par ses anciennes métropoles, l’Espagne et le Portugal. Car, pour prendre la réciproque de ce que déclarait en son temps le célèbre poète espagnol Federico García Lorca, quiconque ne comprend pas l’Espagne ne comprend pas l’Amérique latine…

Nicolas Klein


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